Rentrée 2026 et si nous commencions par poser le problème autrement ?

La rentrée économique 2026 s’ouvre dans un climat assez particulier.
La croissance française reste faible : la Banque de France prévoit une progression du PIB de seulement 0,5 % en 2026, dans un environnement international très incertain. (Banque de France).
Pour autant, contrairement à ce que l’on pourrait penser, le crédit n’a pas disparu.

Au deuxième trimestre 2026, 96 % des PME ayant demandé un crédit d’investissement ont obtenu la totalité ou au moins les trois quarts du montant souhaité. Les demandes d’investissement ont même légèrement progressé. (Banque de France).
En revanche, le financement redevient plus cher. En juillet, le coût moyen des nouveaux financements des entreprises s’établissait à 3,76 %, contre 3,56 % en mai. Pour les PME, le coût des nouveaux crédits atteignait 3,72 %. (Banque de France).
Nous sommes donc dans une situation assez paradoxale : l’économie ralentit, les incertitudes demeurent, le financement reste accessible mais mérite probablement d’être regardé avec davantage de discernement.

Et si la bonne question n’était plus seulement :
« Peut-on encore financer ? »
Mais plutôt :
« Que faut-il réellement financer, comment et à quel moment ? »

Après plus de trente ans, une conviction :
Dans mon métier, je rencontre régulièrement des personnes qui formulent une demande très précise :
« J’ai besoin de ce financement. »
« Mon assurance emprunteur bloque mon projet. »
« J’ai besoin de liquidités mais je ne veux pas vendre mon bien. »
« Je vais créer mon entreprise et acheter ma résidence principale. »

Mon premier réflexe n’est plus nécessairement de chercher immédiatement le produit qui répond à la demande.
Je préfère commencer par comprendre ce qui doit réellement être résolu.
Car derrière un problème de financement peut se cacher un problème de durée.
Derrière un problème d’assurance, une autre architecture de financement peut parfois être envisagée.
Deux projets parfaitement cohérents peuvent devenir difficiles simplement parce qu’ils sont réalisés dans le mauvais ordre.
Et un patrimoine immobilier important peut offrir des possibilités qui n’avaient pas été envisagées lorsque les liquidités manquent.

Regarder un peu plus loin que la demande initiale
Avec l’expérience, j’ai appris à me méfier des problèmes qui semblent évidents au premier regard.
Une difficulté de financement n’appelle pas toujours un autre financement. Une difficulté d’assurance ne condamne pas nécessairement un projet. Et deux décisions pertinentes, prises au mauvais moment, peuvent se compliquer mutuellement.
C’est souvent en reprenant la situation dans son ensemble que d’autres possibilités apparaissent.
Cela suppose parfois de croiser plusieurs regards. Un dossier peut être parfaitement cohérent sur le plan juridique, fiscal ou comptable et rester difficile à mettre en œuvre faute de financement, de liquidités ou en raison d’une problématique d’assurances.
Chacun reste alors dans son métier. Mais savoir quand faire intervenir la bonne compétence peut changer l’issue d’un dossier.
Pour cette rentrée, moins de certitudes et davantage de bonnes questions
Dans une période économique incertaine, nous pouvons être tentés de reporter les projets ou, à l’inverse, de chercher rapidement une solution pour les débloquer.

Je préfère une troisième voie :
Prendre le temps de poser le problème autrement.
Il n’existe pas toujours une solution.
Mais il existe parfois une possibilité que nous n’avions simplement pas encore envisagée.
Et c’est précisément là que la complexité peut commencer à devenir claire.

Beryl Bès
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Sources
Les trois références sont toutes issues de la Banque de France :
•    Projections macroéconomiques – Juin 2026 | Banque de France — pour la prévision de croissance et le contexte économique.
•    Accès des entreprises au crédit – 2e trimestre 2026 | Banque de France — pour les taux d'obtention des crédits par les PME et ETI.
•    Financement des entreprises – Juillet 2026 | Banque de France — publié le 9 septembre 2026, donc particulièrement intéressant pour votre article de rentrée, pour les données les plus récentes sur le coût et la dynamique du crédit.