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Les femmes, l'avenir du numérique

Visuel articleLes femmes, avenir de l’économie numérique !

A l'occasion du 8 mars, faisons un point sur la place des femmes dans ce domaine innovant.

Cela fait maintenant 10 ans que j’agis, jour après jour, sur le terrain, pour la place de la femme dans l’économie. A mon échelle, tel un colibri, je fais ma part du job (*)

Je suis heureuse d’être à nouveau sollicitée pour cette journée internationale des droits des femmes qui s’est transformée en « mois de la place de la femme dans notre société ». Evidemment, je constate des progrès, je vois des femmes assumer le leadership, leur ambition ou plus simplement leur légitimité, trouver leur équilibre.

Cela me réjouit tous les jours.

Pour autant, la crise financière de 2008, cette crise de confiance, suivie de la révolution numérique de plus en plus disruptive, en ont laissé.e.s beaucoup de côté.

Dans le monde entier, les richesses se sont concentrées de plus en plus. :
« Les 1 % les plus riches empochent 82 % des richesses créées l’an dernier, la moitié la plus pauvre de l’humanité n’en voit pas une miette » titre l’  OXAM
Toujours selon l’ONG OXAM, en 2017, en France, les 10% les plus riches détiennent plus de la moitié des richesses alors que les 50% les plus pauvres se partagent à peine 5% du gâteau.
Les femmes représentent seulement 1% de la richesse mondiale, 2% de la propriété, 10% des revenus, 66% du travail et produisent 50% de la nourriture et sont 70% des pauvres.

Comme le disait si bien Simone de Beauvoir, les crises touchent plus les femmes.
« N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. »

L’écart de rémunérations entre les femmes et les hommes est plus que jamais d’actualité :  20% d’écart environ dont 9% purement discriminatoires. Les explications et les solutions sont multiples, à (re)lire l’articleA souligner : Une loi française va dans le bon sens avec la mise en place de l’index de l’Egalité  devenu obligatoire au 1er mars 2019 pour les entreprises de plus de 250 salariés.

De plus, les femmes entrepreneures  sont exclues du monde du financement, voir l’article prégnant.

En prenant appui sur des chiffres édifiants, cet article nous confirme que le monde de la levée de fonds reste dominé par les hommes.
Même dans les domaines de financement participatif ou crowdfunding, les femmes sont sous-représentées - Crowdcube a constaté que seulement 18% des projets financés sont dirigés par des femmes ou par une équipe commune comprenant une femme.

Les raisons sont multiples, historiques, conservatrices, on sait aussi que le biais algorithmique peut accélérer ce déséquilibre. Pour autant, on le sait, les entreprises dirigées par des femmes sont plus performantes que celles dirigées par les hommes.

Dans le contexte actuel, le numérique peut être un levier puissant pour la juste place des femmes !
Faisons-en un outil, un moyen, une solution pour une société plus inclusive.

Pour ce faire,  j’ai identifié 6 grands axes de travail ;

1. Eduquer grâce au numérique pour élargir le champ des possibles pour tous

2. Mobiliser sa communauté pour fédérer autour d’un projet

3. Entreprendre avec le numérique

4. Articuler ses temps de vie

5. Trouver des métiers d’avenir

6. Repenser nos organisations

J’ai décidé d’illustrer ces 6 domaines avec des exemples qui peuvent évidemment être alimentés par bien d’autres. N’hésitez pas à en ajouter en commentaires pour la bonne information de tous. 

1. Eduquer grâce au numérique pour élargir le champ des possibles pour tous

D’après un rapport de l’UNICEF de l’automne dernier, l'inégalité des sexes démarre dès l'enfance. L’enjeu de l’éducation est primordial pour permettre à chacun d’exercer  le métier qui lui correspond et se libérer de certains stéréotypes qui restent trop ou limitatifs.
Il existe beaucoup d’initiatives qui permettent d’utiliser les outils numériques comme vecteur de transmission du savoir, des connaissances, des mécanismes. Evidemment, l’éducateur gardera son rôle de transmission de la curiosité, de l’utilisation, de l’analyse des connaissances, des savoir-être, de l’éthique. Cependant, il perd la maîtrise du savoir et de la connaissance qui sont accessibles aujourd’hui via Internet et qui s’enrichissent de l’apport de tous.
En exemple, j’avais envie de vous parler de Kiupe qui développe des jeux pour l’apprentissage, notamment le jeu vidéo Math Mathews qui permet d’acquérir les compétences fondamentales de mathématiques, de s’entraîner pour apprendre le calcul mental et les tables de multiplications.
On peut également citer l’association Fréquence Ecoles qui a pour mission de développer l’éducation aux médias numériques.

2. Mobiliser sa communauté pour fédérer autour d’un projet

L’exemple le plus frappant en France reste celui de l’élection de notre Président. Qui aurait donné des chances, il y a 20 ans, à un jeune homme de moins de 40 ans sans parti politique de se faire élire par le peuple français. Grâce à une bonne maîtrise de la communication sur les réseaux sociaux, Emmanuel Macron est arrivé à fédérer autour de lui une communauté puissante. Cette bonne utilisation des réseaux permet également de voir émerger des mouvements populaires de contestation comme les gilets jaunes.
Au service de l’entreprise, ces communautés permettent également de voir émerger des pure players comme par exemple BlaBlaCar, Sezane. J’ai découvert également l’histoire de la startup Shanty Biscuits qui a décollé grâce à Internet et les réseaux sociaux.
Les femmes, comme les hommes, peuvent accéder à une certaine visibilité inenvisageable il y a peu de temps encore.

3. Entreprendre avec le numérique

En se référant à cette étude passionnante de 2016 où le digital apparaît comme un formidable accélérateur de la féminisation de l’entrepreneuriat, on peut en déduire :

Pour activer ces leviers :
- L’Innovation: le digital est par essence même un domaine ouvert à la diversité (de sexe, d’âge, d’origine,) et où chacun peut réussir. Il offre des possibilités de développement infinies aux entrepreneures si on les incite à s’inscrire dans cette révolution numérique.

- La compétence des femmes: les qualités reconnues aux femmes dans le monde professionnel, la créativité, l’agilité, l’intuition, les facilités relationnelles sont des qualités essentielles dans la création et le développement d’une entreprise dans cette économie en pleine mutation

- La flexibilité : le digital permet de travailler plus facilement de n’importe où, il facilite au mieux la conciliation entre projet professionnel et vie familiale.

 

4. Articuler ses temps de vie

On constate que ce nouveau rapport au temps est passionnant. Sur ce sujet, j’aimerais partager avec vous un post FB révélateur. Mon but était de recenser, via ce réseau social, les applications qui permettaient une meilleure articulation des temps de vie. J’ai appris beaucoup, grâce à vos réponses, sur votre vision du temps, de l’espace, comment en gagner, comment prendre du temps pour soi.  Pour autant, je pense que nous avons encore des progrès à faire sur la délégation de cette charge mentale si bien décrite par l’illustratrice Emma

Le numérique c’est l’avenir !  Dans les 2 derniers axes de travail que j’évoque ici, il s’agit de repenser nos métiers et nos organisations.

5. Trouver des métiers d’avenir

Aujourd’hui déléguée générale de la Fondation LDigital, je travaille sur ces sujets depuis 3 ans maintenant. Nous savons qu’aujourd’hui 38 % des entreprises du numérique refusent des marchés faute d’avoir les candidatures adaptées, que c’est un potentiel d’emplois de plus de 60 000 personnes en France et que les femmes sont particulièrement sous-représentées dans ces métiers du numérique.  Nous avons donc un levier économique à notre disposition. Il faut convaincre les jeunes filles et leurs parents de l’intérêt de ces métiers, les femmes en conversion des potentiels de carrière et les entreprises de l’enjeu d’un numérique plus mixte. Sur le terrain, on se rend compte qu’il s’agit d’un travail de fourmi, local, territoire par territoire pour connecter tout ce monde pour un numérique plus inclusif et source d’épanouissement pour tous. Lire l'article du Monde

6. Repenser nos organisations

Ce dernier axe de travail est particulièrement bien décrit dans ce livre "Être un leader à l'ère du numérique" d’ Entreprise & Progrès  de 2015 qui remet à juste titre l’humain au centre de nos organisations.
Mais ce n’est pas chose simple de remettre en cause l’ordre et le pouvoir établis, "l’ancien monde".
Non seulement il faut revoir la répartition des rôles mais aussi la façon de travailler ensemble, on doit diminuer la verticalité, la concentration des pouvoirs et favoriser les organisations transverses d’intelligence collective et créer ainsi un terrain propice à la créativité et à l’innovation dans l’entreprise. Cela permettra aux hommes et aux femmes de créer de la richesse ensemble grâce à des nouveaux modèles économiques, plus collaboratifs et plus participatifs.

Il y a urgence, en 2025 la génération Y représentera 75% des actifs !

Cette génération, souvent incomprise, qualifiée même d’oisive, ne manque ni d’énergie ni d’esprit entrepreneurial. Les organisations devront s'adapter aux "Digital Native", qui sont d’abord à la recherche de sens, d’utilité et qui ont vision bien plus égalitaire du monde.

S'ouvre ainsi aux femmes un extraordinaire potentiel de développement économique qu’il va falloir apprendre à maîtriser pour en faire une valeur ajoutée pour toute notre économie.

A nous de rendre possible cette mutation,

Beryl Bès

(*) Clin d'oeil à la légende du colibri : voir lien

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